Au Cameroun, la diffamation commise par une influenceuse est un délit de droit commun. L’article 305 du Code pénal est clair : porter atteinte à l’honneur d’une personne en lui imputant des faits qu’on ne peut pas prouver, c’est punissable.
Les peines? 6 jours à 6 mois d’emprisonnement et une amende de 5 000 à 2 000 000 FCFA, ou l’une des deux peines.
Et l’article 152 précise que Facebook, TikTok, WhatsApp ou YouTube sont concernés : tout « procédé destiné à atteindre le public » tombe sous le coup de la loi.
Le numérique aggrave la note
Depuis la loi de 2010 sur la cybersécurité et la cybercriminalité, la diffamation en ligne est traitée plus sévèrement. Les sanctions montent jusqu’à 3 mois à 3 ans de prison et 2 millions FCFA d’amende.
Attention au partage : Un simple repost, un retweet ou un commentaire approbatif fait de l’abonné un « co-auteur ». Il engage aussi sa responsabilité pénale.
Fausses nouvelles : Publier sans pouvoir prouver, c’est 1 à 5 ans de prison et jusqu’à 10 millions FCFA d’amende. Si c’est anonyme, les peines doublent.
4 mois pour réagir, pas un de plus
La victime n’a que
4 mois à compter de la première mise en ligne pour porter plainte. Supprimer le post après ne change rien : le délai court dès la publication.
Pour prouver : captures d’écran, enregistrements, ou mieux, un constat d’huissier norme Afnor Z67-147. Recours possibles : plainte pénale, dommages et intérêts, demande de retrait.
Elles sont passées devant la justice : les cas qui font école
Flore de Lille, influenceuse résidant en France, a été interpellée à Douala le 21 mai 2025 par la gendarmerie pour injures et diffamation. 10 millions FCFA de dommages sont réclamés.
Aïcha Kamoïse est activement recherchée par la gendarmerie pour diffamation et incitation à la haine.
Paul Chouta, blogueur, a été condamné à 24 mois de prison pour diffamation et fausses nouvelles contre Calixte Beyala.
Comment éviter le tribunal? Les 2 seules portes de sortie
La diffamation tombe si l’influenceuse prouve la véracité des faits ou démontre sa *bonne foi. Mais attention : la bonne foi ne se présume pas. Il faut prouver qu’on avait des raisons sérieuses de croire à l’information.
À RETENIR AVANT DE CLIQUER SUR « PUBLIER »
Publier = risquer 6 mois de prison + 2 millions FCFA* si le fait est diffamatoire et non prouvé.
Supprimer ne protège pas: le compteur démarre à la 1ère mise en ligne.
Vos abonnés qui repartagent risquent aussi*la poursuite pénale.
Aucune loi spéciale influenceurs* n’existe encore, mais les textes actuels suffisent pour sanctionner.
Le conseil d’un avocat* :Face à des propos sensibles, 3 réflexes : vérifier, sourcer, consulter. Sur Internet, la liberté d’expression s’arrête où commence la responsabilité pénale.
_Groupelimmigrant.com – La voix qui informe délivre_ 691356879/676588051
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